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Messagede Antigone le Mer 24 Mar 2010 13:10

Agencia Pulsar - 19 mar 2010
pour les hispanophones: http://agenciapulsar.org/nota.php?id=16907

Mexique: regain de répression contre les électriciens mexicains

Des effectifs antiémeutes de la Police Fédérale ont dissous avec des gaz lacrymogènes un rassemblement d'employés de la dissoute compagnie publique Luz y Fuerza, dans l'état central du Mexique.

Au moins 300 policiers ont attaqué les membres du Syndicat Mexicain d'Électriciens (SME) qui maintenaient un campement dans une sous-station électrique située dans la municipalité d'Ecatepec, appartenant à l'État central du Mexique.
La répression s'est soldée par 5 travailleurs blessés et 6 détenus.
Dans une autre installation électrique située dans les environs de Mexico un autre syndicaliste a été blessé par balle.

Alors qu'elle demandait la libération des prisonniers syndicalistes, la sénatrice de l'opposition et défenseur des Droits de l'Homme, Rosario Ibarra, a signalé que "si le Gouvernement essaie de mettre en prison tous les travailleurs qui luttent pour leurs droits, il effectuera encore un pas de plus dans l'autoritarisme dictatorial qui a été refusé par la majorité du peuple mexicain".

Depuis mardi dernier, le syndicat a demandé à ses affiliés de se maintenir dans les installations énergétiques pour soutenir une grève.
La proposition fait partie de la stratégie politique et juridique pour obtenir la dévolution de leurs sources d'emploi, après la liquidation de l'entreprise étatique Luz y Fuerza .
La disparition de la compagnie a laissé sans emploi environ 44 mille électriciens et l'entreprise approvisionnait 6 millions de personnes dans la zone centre du pays.
Alejandro Pacheco
Dernière édition par Antigone le Mer 22 Sep 2010 16:56, édité 3 fois.
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Re: Mexique: la lucha de los trabajadores

Messagede Antigone le Dim 18 Avr 2010 11:57

Espoir Chiapas - 16 avr 2010

Répression policière à San Cristobal de Las Casas contre de jeunes artisans

Voici traduits les témoignages de différents jeunes lors d´une violente attaque répressive des forces de police, juste après la feria de la ville. Une véritable chasse a l´homme dans les rues du centre.

San Cristobal de Las Casas, 7 Avril

A minuit aujourd'hui, après le concert de La Maldita Vecindad, à la foire de SanCris, nous nous sommes rejoints sur le lieu même du concert pour jouer des percussions et jongler (enflammé) alors que continuait la foire.

Des policiers se sont approchés pour nous réprimer sans aucun motif, et devant la résistance et les plaintes de beaucoup d'entre nous, ils ont répondu en nous gazant et en nous jetant (dehors) sans aucun droit. Nous sommes sortis de la foire et sur le chemin, pendant que nous avancions en jouant et faisant du bruit face à la réaction de la police, plusieurs camionnettes nous suivaient et nous coupaient le chemin. Deux rues plus loin a commencé la persécution, nous étions plus de 100, entre 150 et 200, nous nous organisions, nous aidions ceux que les flics arrêtaient et nous courrions…

Du coup, impossible d'échapper car le déploiement des flics, camionnettes, patrouilles, motos, etc.. nous coupaient la route : lacrymos, coups et armes chargées pour tirer. Ils ont arrêtés de force beaucoup de personnes usant violence et brutalité. Nous ne savons pas combien de personnes sont détenues, selon la police plus de 30 personnes, et nous n'avons toujours pas tous les noms de ceux qui sont détenus.

Les autorités ne veulent pas nous donner d'informations sur les noms, les charges et le nombre de détenus. Ils sont en train de faire des recherches.... Ils peuvent juste dire "qu'il ya deux taxis abimés"... Ils les accusent de ça? Vu la violence avec laquelle tout s'est passé...

Le centre (ville) était bloqué par les polices d’état, fédérale et préventive, ainsi que les routes. Quatre heures plus tard, nous faisions les comptes et essayions de faire marche arrière pour nous souvenir de ce qui c’était exactement passé.

D’après nos comptes, nous pensons qu’il doit y avoir beaucoup plus de personnes qui ont été arrêtées. Entre ceux que nous savons qu’ils l’ont été car ce sont des compagnons proches, il y a en plus ceux qui n’apparaissent plus, ceux que nous ne connaissions pas mais que nous avons vu comment les flics les attrapaient, les frappaient et les faisaient monter dans les camionnettes, et ceux qui ont dû courir et ont disparu de notre vue. Nous pensons qu’ils sont un peu plus.

Sur notre liste, il y a des gens de différents Etats du Mexique (Guadalajara, Etat de Mexico, Oaxaca, Mexico, Chiapas et San Cristobal de Las Casas), d’Espagne, du Chili et du Costa Rica.

En attendant d’avoir plus d’information á vous transmettre, nous comptons sur votre solidarité pour libérer nos compagnons.

A 7h nous sommes tous appelés á nous rendre aux bureaux de la police preventive pour aider de n’importe quelle manière nos compagnons, exiger des informations et la libération de tous.
Nous sommes déjà organisés en petites commissions pour aider avec de la nourriture, nous rendre dans différents centres de DD.HH., diffuser et rédiger l’information de façon plus spécifique et formelle par différents moyens, dans le cas où quelqu’un aurait envie d’y participer.

Pour le Peuple Libre, Pour la non-violence policière, Et la non criminalisation de la jeunesse !!
(traduit par buxia)
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Messagede leo le Mer 28 Avr 2010 16:39

[Mexique] Attaque paramilitaire sanglante contre une caravane de solidarité

Au moins deux personnes ont été assassinées et une troisième blessée par balles par un commando paramilitaire.
Il y a plusieurs disparus.
Dernier épisode d’une longue lutte de la communauté Triqui, qui, depuis plusieurs années, a décidé de créer cette nouvelle commune autonome.


[ Centre de Média Indépendant : http://cmldf.lunasexta.org/ ]

Communiqué de VOCAL
(Voix de Oaxaca Construisant l'Autonomie et de la Liberté)

Aux moyens de communication
Aux peuples du Mexique
Aux peuples du monde
Aux peuples d'Oaxaca


Agression armée contre la Caravane d'Appui et de Solidarité avec la Commune Autonome du San Juan Copala, Oaxaca.

CONTEXTE :

Depuis la journée d'hier, il avait été préalablement annoncé devant les médias la réalisation de cette caravane en direction à la région Triqui, à l’intérieur de notre état de Oaxaca. À cette caravane participent des camarades membres de l'Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO), de la Section 22 du magistère [syndicat des enseignants], de Voces Oaxaqueñas Construyendo la Autonomía y la Libertad (VOCAL), de CACTUS (Centro de Apoyo Comunitario Trabajando Unidos), des membres du MULTI (le Mouvement d'Unification et de Lutte Triqui - Indépendant), ainsi que des camarades observateurs internationaux.

Comme il avait été annoncé, la caravane est partie aujourd'hui le 27 avril 2010, à environ 11 heures du matin depuis la ville de Huajuapan de Léon (Oaxaca). Avec comme objectif de briser l’encerclement dans lequel se trouve cette Communauté Autonome Triqui par le fait de la répression paramilitaire et de l’Etat contre le processus d’autonomie en cours de construction dans cette communauté. De violentes agressions paramilitaires sont survenues à différents moments du processus autonome de San Juan Copala et ont été dirigées par l'organisation paramilitaire appelée UBISORT (Union de Bien-être Social de la Région Triqui) qui est actuellement présidée par Rufino Juárez Hernández et le MULT (Mouvement Unification et Lutte Triqui).

Préalablement à la sortie de la caravane, le président autonome de San Juan Copala, Jesus Martínez Flores a rendu responsable de toute agression Evencio Nicolás Martínez, Procureur Général de Justice, Jorge Franco Vargas “el chuky”, Secrétaire du Gouvernement de l'État et Carlos Martínez candidat pour la députation locale pour le PRI. De même ils ont exigé que UBISORT et le MULT agissent avec responsabilité et sérieux avec la conférence de PAIX pour le peuple Triqui.

LES FAITS :

A environ 100 kilomètres avant d’arriver à la Sabana, la route était bloquée avec des pierres, et c’est là où a commencé la lâche agression avec des armes de feu, de la part d’une quinzaine de paramilitaires au service de gouvernement de l'assassin Ulises Ruiz Ortiz (on ne connaît pas le calibre), laissant les véhicules détruits, blessant une camarade, et on rapporte la mort de deux personnes.

Pendant l'attaque quelques camarades se sont échappés en gagnant la montagne, mais on ne sait pas où ils se trouvent : nous sommes inquiets qu'ils aient pu être capturés par les paramilitaires. Les camarades qui jusqu'à présent sont portés disparus sont NOE BAUTISTA JIMENEZ, DAVID VENEGAS ROIS et DANIEL ARELLANO CHAVEZ, tous membres de VOCAL.

Malheureusement, selon l’information mise à jour nous savons que deux camarades ont perdu la vie dans cette agression paramilitaire, ce sont : BEATRÌZ ALBERTA AFFECTION TRUJILLO membre CACTUS et de JYRI ANTERO JAAKKOLA, camarade observateur international originaire de Finlande. Tous les deux sont morts par des tirs d'armes à feu.
Au cours de cet évènement, la camarade MONICA CITLALI SANTIAGO ORTIZ, a été blessée dans le dos par un tir d'arme à feu et a été soignée par des médecins à Juxtlahuaca.

Ceux qui sont restés sur les lieux des tirs, ont été sortis des véhicules et emmenés dans la montagne pour les interroger, certains ont été menacés de mort et ensuite ont été relâchés sur la route. Le camarade RUBÈN VALENCIA NUÑEZ, membre de VOCAL, a été arrêté par des paramilitaires qui lui ont enlevé sa carte d’électeur, son téléphone portable et menacé de mort, puis ils l'ont libéré.

Une ambulance a pu se rendre sur les lieux pour s'occuper des blessés, mais elle a été aussi lâchement prise pour cible par les paramilitaires, ce qui explique pourquoi elle a quitté les lieux. Au moment de son retrait ils ont trouvé à une camarade blessée dont ils se sont occupés et à qui elle a pu confirmer le décès des camarades mentionnés.

Étant donné la confusion et l'incertitude devant les faits, on ne connaît pas l'endroit où les camarades précédemment mentionnés ont pu trouver refuge, ainsi que les conditions physiques et psychologiques dans lesquelles ils se trouvent.

NOUS DÉNONÇONS ÉNERGIQUEMENT :

Que cette agression armée est le produit des conditions de la violence institutionnelle et de l’impunité dont jouissent les groupes paramilitaires dans cette région de notre État. Violence institutionnelle visant les différentes expressions de la lutte sociale dans l’Etat de Oaxaca et spécifiquement contre la construction de processus autonomes.

Cette agression s’est déroulée dans le contexte marqué par des circonstances d'isolement et l'état de siège imposé dans la commune de San Juan Copala, où depuis le mois de janvier les enfants se trouvent sans classe, et aussi que dans cette Communauté se trouve sans lumière électrique, sans eau potable, sans médecin et où elle subit un harcèlement paramilitaire permanent étant donné qu’un poste de contrôle se trouve dans le lieu.

NOUS EXIGEONS :

Au gouvernement de l’assassin Ulises Ruiz, la cessation des attaques de la part des paramilitaires dans la région Triqui. Ainsi que l’arrêt du financement, de l'armement et de l'impunité dont jouissent ces groupes paramilitaires en notre État.
La présentation immédiate de nos camarades disparus.

NOUS LANÇONS UN APPEL :

Au peuple d'Oaxaca, du Mexique, à la Communauté internationale et aux différentes organisations sociales, collectifs et groupes, à rendre visible leur solidarité et leur appui pour exiger la présentation en vie de nos frères disparus et la punition des responsables.
Nous les appelons aussi fraternellement à exiger un arrêt des conditions de violence contre la Commune Autonome de San Juan Copala.

Présentation en vie des camarades disparus !
Punition pour les assassins de nos camarades !
Halte à l'agression contre la commune autonome de San Juan Copala !
Retrait du blocus paramilitaire dans lequel se trouve cette communauté autonome triqui !

Voix de Oaxaca Construisant l'Autonomie et de la Liberté
[traduction rapide par nos soins (OCL)]
= = =

Deux reporters portés disparus


Érika Ramírez reporter et David Cilia de la revue "Contralínea" sont semble-t-il les deux seuls reporters présents dans la caravane qui se dirigeait vers San Juan Copala.

* * *

La caravane avait pour but de fournir de la nourriture, des vêtements et des couvertures à la communauté de la municipalité autonome, car depuis deux semaines, la UBISORT (liée au PRI) a fermé le seul accès à San Juan Copala. Les observateurs de cette caravane avaient aussi pour but de superviser le retour des enseignants de la section 22 du SNTE, qui ont quitté le village pendant quatre mois en raison de la violence, et devaient enquêter sur les atrocités commises contre la population.

Lundi dernier, le chef de la UBISORT, Rufino Juárez, avait déclaré devant des reporters qu’« en aucun cas » il ne permettra l'entrée de la caravane et qu’il ne répondra pas « de ce qui pourrait arriver. » (La Jornada)

http://cmldf.lunasexta.org/


http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article749
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Re: Mexique

Messagede Antigone le Dim 2 Mai 2010 12:43

CeMAB - 30 avr 2010

Mexique : marée noire, violence paramilitaire à Copala
par Jean-Pierre Petit-Gras

La vague de violence qui submerge actuellement le Mexique s'intensifie.
Mais, au-delà des gros titres et des photos sensationnalistes étalant complaisamment d'innombrables cadavres (plus de 8 000 en un an), dont la presse "officielle" nous abreuve jusqu'à l'écœurement, pour impressionner et faire accroire que le gouvernement de Felipe Calderón, appuyé par celui de Barak Obama, "fait la guerre au narcotrafic", il convient d'analyser d'un peu plus près les causes de tels massacres, et les objectifs poursuivis.

Les événements de Santa María Ostula, dans le Michoacán (voir notre article sur Mediapart "Où est passé Francisco de Asís Manuel ?"), et ceux de San Juan Copala, dans l'Oaxaca, montrent clairement la nature des véritables enjeux de cette violence.

Les habitants de San Juan Copala, localité de la région triqui, dans l'ouest de l'État de l'Oaxaca, ont créé en janvier 2007 une
"municipalité autonome", marquant ainsi leur décision de s'autogérer, face à un gouvernement qui les a marginalisés, méprisés et spoliés depuis des décennies. Mais cette attitude, liée à leur participation à la résistance de l'APPO lors de la "commune d'Oaxaca", leur vaut depuis un harcèlement brutal, mené par les polices locale, régionale et fédérale, mais aussi par des groupes paramilitaires et parapoliciers, impulsés par le parti de la révolution institutionnelle, le PRI du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz. Enlèvements, viols et meurtres sont le prix payé par cette population en résistance.

Depuis plusieurs semaines, l'un des groupes paramilitaires, l'UBISORT, bloque les accès à San Juan Copala, afin de tenter d'isoler ses habitants. Une caravane est donc partie de la ville d'Oaxaca, le 27 avril, pour rompre ce blocus et apporter à Copala médicaments, vêtements, livres et appui moral d'associations solidaires, ainsi que la présence d'observateurs des droits humains. Les paramilitaires, armés de fusils de guerre, ont intercepté et mitraillé la caravane, tuant deux des participants, la Mexicaine Alberta Cariño Trujillo et le Finlandais Jyri Antero Jaakola, en blessant une quinzaine d'autres. Avant de libérer les membres de la caravane, ils n'ont pas caché qu'ils agissaient sous la protection du PRI et du gouverneur Ulises Ruiz.

Actuellement, le gigantesque rouleau compresseur de l'économie capitaliste industrielle avance sur les derniers territoires qu'il ne contrôle pas encore. Il s'agit pour lui de mettre la main sur l'ensemble des ressources humaines et matérielles de la planète. Pétrole, uranium, or et métaux rares, bois précieux, zones touristiques, énergie hydraulique et biodiversité, groupes humains s'obstinant à vivre de façon autonome et digne, tout doit tomber dans l'engrenage de la machine. Avec, parfois, l'assentiment hébété ou la soumission apeurée d'une partie de la population, subjuguée par le clinquant et la facilité apparente de la vie aliénée que ce "développement" répand et impose partout.

C'est le drame qui se joue actuellement au Mexique. Marées noires, bétonnage du littoral, contamination chimique et OGM, grippe porcine, massacres entre narco-militaires et politico-gangsters ne sont que les conséquences, mais aussi les armes employées par le système pour tenter d'écraser définitivement les résistances paysannes et indigènes.

Alberta (Bety) Cariño était l'une de ces résistantes. En décembre 2009, elle était à Mexico devant l'ambassade du Canada, pour dénoncer l'assassinat d'un paysan du Chiapas, Mariano Abarca, par des paramilitaires au service de l'entreprise minière Blackfire. Pour qui comprend la langue espagnole, le document suivant donne une idée de la personnalité et du combat de cette femme, abattue par l'Ubisort, sur la route de San Juan Copala.

http://www.youtube.com/watch?v=TWPkLcoVoaI
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Re: Mexique: la lucha de los trabajadores

Messagede Antigone le Lun 31 Mai 2010 16:46

Jeudi 27 mai, une centaine d'électriciens appartenant ou non au Sindicato Mexicano de Electricistas (SME) ont tenté de bloquer la sortie des véhicules de l'entreprise Luz y Fuerza del Centro. Les affrontements avec la police se sont soldés par une dizaine de blessés et plusieurs arrestations.
La vidéo (trop longue à charger ici): http://www.youtube.com/watch?v=-CSXfMtx ... r_embedded

Cette lutte contre la liquidation de l'entreprise dure depuis octobre 2009.
Pour les personnes qui souhaiteraient en savoir plus, il y a des informations sur l'origine du conflit sur le site de Infos Mexique:
http://infosmexique.com/2009/10/21/la-f ... el-centro/
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Re: Mexique

Messagede Antigone le Mer 22 Sep 2010 17:00

Centre des médias alternatifs du Québec (Cmeq) - 21 sep 2010
http://www.cmaq.net/fr/node/42483

Mexique: La grève de la faim des enfants de Copala
Jean-Pierre Petit-Gras

Suite aux derniers meurtres commis à San Juan Copala, des femmes et des enfants triqui ont entamé une grève de la faim.

San Juan Copala, 20 septembre.
Les nouvelles en provenance de ce village de l’état de l’Oaxaca se suivent, se ressemblent, et dépeignent partiellement le cauchemar vécu par sa population. 500 paramilitaires, appartenant à l’UBISORT et au MULT, deux mouvements contrôlés par le PRI (le parti du gouverneur sortant Ulises Ruiz), occupent la mairie, et tirent sur tout individu qui ose sortir dans la rue, et sur les fenêtres des maisons. Deux hommes ont été tués au cours des dernières 48 heures, et plusieurs autres personnes, dont une femme de 85 ans, ont été blessés par balles.

L’objectif proclamé des paramilitaires est l’expulsion des dernières 50 familles qui ont soutenu depuis janvier 2007 la commune autonome de San Juan Copala. Leurs dirigeants n’hésitent pas à se réclamer du "bien-être" indigène, pour l’UBISORT, et même du marxisme, pour le MULT. Mais ils agissent en étroite liaison avec María de la Luz Candelaria Chiñas, la responsable de la police de l’Etat. Pour cette dernière, il n’y a pas lieu d’intervenir, il faut "laisser les organisations indigènes régler le problème".

Sur le Zócalo, la place centrale de la ville d’Oaxaca, 11 femmes et 8 enfants, qui ont réussi à fuir de San Juan Copala voici deux mois, se sont mis en grève de la faim. Pour tenter d’obtenir du gouvernement qu’il mette fin à la tuerie.


S'il y avait une section espagnole...
La Jornada - 18 sep 2010
http://www.jornada.unam.mx/2010/09/18/i ... e=018n1pol

Habitantes de San Juan Copala exigen a la SG protección para el municipio autónomo
por Emir Olivares Alonso y Fernando Camacho

La situación en el municipio autónomo de San Juan Copala, en Oaxaca, cada vez es de mayor tensión y riesgo, pues grupos paramilitares tienen rodeada esa población y no paran de disparar contra los habitantes, señalaron varios indígenas triquis de ese municipio que mantienen un plantón en el Zócalo de la ciudad de México, a un costado de la Catedral Metropolitana.

Junto con organizaciones sociales, los copalenses realizaron un acto de protesta en el centro de la ciudad en el que denunciaron las innumerables agresiones contra sus compañeros y exigieron a los gobiernos federal y estatal la desarticulación de los paramilitares, actuar para garantizar la seguridad en la región y el respeto a la autonomía de Copala.

Informaron que hasta ayer había tres mujeres heridas de bala en la región, una de ellas de 85 años, quienes pudieron salir de San Juan Copala hasta la tarde cuando elementos de la policía estatal lograron superar el cerco paramilitar que se mantienen en torno al municipio.

Aun con las amenazas y las agresiones de los grupos armados “pertenecientes al Movimiento de Unificación y Lucha Triqui (MULT) y de la Unidad para el Bienestar Social de la Región Triqui (Ubisort), la gente no se moverá de Copala, el municipio autónomo sigue en pie”, aseguró José Merino, vocero en el Distrito Federal del Movimiento de Unificación y Lucha Triqui Independiente, organización que mantiene el municipio autónomo.

Tras el mitin en el Zócalo capitalino, los manifestantes se dirigieron a la Secretaría de Gobernación, donde una comisión fue atendida por funcionarios de la dependencia. Los representantes gubernamentales sólo se limitaron a decir a los copalenses que confíen en el nuevo gobierno estatal que está por tomar posesión.

El Comité por la Defensa y la Justicia para este municipio y el sector de trabajadores de la otra campaña se sumaron al mitin de ayer al mediodía. Desde ahí llamaron a la ciudadanía a no ser indiferentes respecto de la violencia que se suscita en la región triqui y exigieron a las autoridades dejar de ser cómplices de los grupos paramilitares.

Las organizaciones acusaron a la administración estatal de Ulises Ruiz de auspiciar al MULT y a la Ubisort para atentar contra la autodeterminación política y territorial de San Juan Copala. Agregaron que el gobierno federal “es cómplice” de estos hechos por su omisión ante la violencia desatada en la Mixteca oaxaqueña.

Por otro lado, Amnistía Internacional (AI) denunció que la semana pasada varios hombres armados agredieron a dos mujeres del municipio autónomo, una de ellas fue violada sexualmente y a la otra le dispararon al intentar huir.

Emitió una acción urgente dirigida a los gobiernos federal y estatal a fin de que implementen las medidas necesarias para proteger la integridad y seguridad de las víctimas y sus familiares, pues hasta ahora “no les ha proporcionado la protección adecuada”; se investiguen estas y otras agresiones contra los habitantes del poblado, y se les garanticen sus garantías fundamentales.

La agresión contra las mujeres ocurrió el pasado 7 de septiembre, a cinco kilómetros del municipio autónomo, cuando regresaban de una localidad vecina donde compraron comida. AI subrayó que Copala lleva más de nueve meses sitiado y rodeado por grupos armados presuntamente vinculados con las autoridades oaxqueñas.

En tanto, el Observatorio Eclesial y el Centro Regional de Derechos Humanos Bartolomé Carrasco coincidieron en que en caso de que la violencia siga avanzando en esa comunidad triqui, la responsabilidad principal será de los gobiernos estatal y federal, quienes hasta el momento han preferido distraer a la gente con los festejos del bicentenario de la Independencia, en vez de ponerle freno a las agresiones. Advirtieron que los actos violentos del MULT y la Ubisort pueden desembocar pronto en una masacre.

Gabriela Juárez, secretaria ejecutiva del Observatorio Eclesial, afirmó: “estamos indignados por lo que ha sucedido en San Juan Copala, porque mientras nuestros hermanos están siendo violentados, el gobierno festeja el bicentenario, como si quisieran que se nos olvidara la violencia”.

Nora Martínez, del Centro Regional de Derechos Humanos Bartolomé Carrasco, también llamó la atención sobre el clima de violencia en aquella región, donde los grupos paramilitares actúan con total impunidad. “La situación es muy grave. Nos indigna lo que está padeciendo la gente, sobre todo las mujeres, los niños y los adultos mayores”, denunció.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Alba tv (Mexico) - 21 sep 2010
http://www.albatv.org/Inician-huelga-de-hambre-11.html

Inician huelga de hambre 11 mujeres y 8 niños de San Juan Copala
por Octavio Vélez Ascencio

Oaxaca, Oax. Once mujeres y ocho niños triquis que se mantienen en plantón en el zócalo, frente al antiguo Palacio de Gobierno, se declararon en huelga de hambre para exigir al gobierno estatal el cese a la violencia ejercida en el municipio autónomo de San Juan Copala.

Desde que el municipio se declaró autónomo, en noviembre pasado, las confrontaciones entre tres grupos por el control han causado la muerte de 20 personas, entre ellos una mujer y un menor, aseguran las mujeres en el plantón.

Las indígenas señalan como responsables directos de estas muertes al Movimiento de Unificación y Lucha Triqui (MULT) y a la Unidad de Bienestar Social de la Región Triqui (Ubisort), presuntos grupos paramilitares ligados a Ulises Ruiz.

Ente los menores que participan en la huelga de hambre se encuentran: Moctezuma Velasco, de 3 años; Marlet Violeta de Jesús Martínez, de 2 ; Neydi Odeth de Jesús Martínez, de 6; Nayla Heidi Velasco Martínez, de 7; Maurilio Martínez Martínez, de 5; Gustavo Cruz Ramírez, de 12; Marco Martínez Martínez, de 8 y Ofelia Martínez Martínez, de 12.


EDIT (21 septembre)

La porte-parole du camp a déclaré que les enfants triquis avaient été retirés de la protestation "pour ne pas mettre leurs vies en danger". Il est évident que ce n'était pas les enfants qui avaient décidé de quoique ce soit... (lamentable)
Source Alba tv, http://www.albatv.org/Retiran-a-ninos-t ... uelga.html
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Re: Mexique

Messagede Antigone le Mar 5 Oct 2010 17:13

L'article suivant a été posté par quelqu'un qui semble mal maitriser la langue française.
Pour que la lecture soit plus compréhensible j'ai corrigé quelques tournures de phrases, j'en ai laissées d'autres telles qu'elles. Toutefois certaines expressions me laissent perplexes ("justice populaire", "chatiments aux coupables"...). Le "E" signifierait-il qu'il n'y avait que des femmes ? Evidemment pour traduire correctement il aurait mieux valu avoir le texte en espagnol. J'espère ne rien avoir altéré ou trahi. La version originale est consultable sur le lien du Cmaq.
CMAQ - 04 oct 2010
http://www.cmaq.net/fr/node/42587

Répression du 2 octobre 2010 contre les libertaires de Oaxaca: L’histoire se répète

Dans le cadre de la commémoration du massacre de Tlatelolco contre les étudiants le 2 octobre 1968, plusieurs manifestations ont eu lieu dans l’État d’Oaxaca.

Dans l’Oaxaca rebelle, sous le gouvernement sanglant d’Ulises Ruiz (gouverneur d’Oaxaca), on dénombrerait 117 détenuEs suite à la manifestation qui a été appelée à 4 heures de l’après midi par les collectifs principalement constitués de jeunes libertaire. Il est important de mentionner la guerre sans répit que mène le gouvernement de Ulises contre les jeunes au profil marginalisé, qui pour la plupart d’entre eux s’identifient au mouvement punk avec une idéologie anarchiste.

L’an dernier, à cette même date, il y avait déjà eu une dizaine de personnes arrêtées Plusieurs ont été de nouveau arrêtéEs cette année. Encore une fois, on peut s'interroger sur la liberté d’expression qui est supposée être légitime dans un État démocratique, et surtout de dénoncer le profil social auquel se heurtent quotidiennement les jeunes d’Oaxaca.
Plusieurs marches ont eu lieu dans la journée, mais les forces de répression se sont déployées uniquement pour réprimer la marche convoquée par les libertaires, cette marche n’avait connu aucun incident grave, à part un McDO qui a reçu le trio punk..., lorsqu’à un certain moment les jeunes ont pu constater que les forces policières étaient en train d’attaquer la manifestation. Quelques unEs ont réussi à s’échapper mais la plupart ont été arrêtéEs et emmenéEs.

Les prisonnierEs ont été libéréEs dans la nuit du 3 octobre, les dernières nouvelles disaient qu’il restait 7 prisonnierEs et évidemment les conditions dans lesquelles se trouvent les détenuEs sont inhumaines.

De plus, nous voulons dénoncer la détention de notre compagnon Victor Herrera Govea, qui a été détenu le 2 octobre dernier, accusé d’avoir volé et vandalisé le commerce de Oxxo. Jusqu'à cette date, les autorités du DF, n’ont pas pu présenter de preuves qui justifient cet emprisonnement, en plus il a été sauvagement battu par différents corps policiers et torturé avec des brûlures de cigarette dans le visage. Victor (el Atenco), se trouve toujours privé de sa liberté,

Pour ces raisons nous exigeons:

La liberté de toutEs les prisonnierEs politiques
Cessez les détentions et la répression, basées sur du profilage social
Châtiments aux coupables
Démilitarisation de la municipalité autonome de San Juan Copala
Justice populaire
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Re: Mexique

Messagede Johan le Mer 6 Oct 2010 21:36

Serais-il possible de renommer ce topic? En "Mexique" ? Parce qu'il y aurait beaucoup d'infos de là-bas à poster sur le forum! c'est fait Ourf !Denis.


LA DESTRUCTION DE COPALA

La commune autonome indigène de San Juan Copala, établie il y a trois ans dans le cœur historique de la région triqui, restée sans droits municipaux depuis plus de soixante ans, a finalement été détruite par le fer et par le feu par des paramilitaires, triquis eux aussi, qui ont opéré en toute impunité jusqu'au dernier moment. La complicité des gouvernements de l'État et de la Fédération a été absolue. Et déterminante depuis dix mois, quand la communauté a été assiégée par des groupes armés qui ont assassiné et blessé de nombreuses personnes pacifiques. Le dénouement s'est précipité entre le 13 septembre, quand les paramilitaires ont pris Copala et ont tiré contre la population, et le 23, où les survivants ont pu fuir, certains dans des fourgons funéraires (la seule chose que le gouvernement a envoyée, pour emporter les cadavres).

Cela aurait pu être pire. Les agresseurs annonçaient un massacre. De toute façon, le nombre d'assassinats est élevé dans le démantèlement de la seule autonomie indigène tentée aujourd'hui dans l'État d'Oaxaca, quatorze ans après les Accords de San Andrés. Plus nombreux encore sont les blessés, et les déplacés, des familles entières.

Les dénonciations journalières et angoissées n'ont pas empêché le dénouement, mais le problème persiste. On peut se consoler en supposant que le massacre a été évité. L'opération contre la commune autonome fondée en 2007 a été menée par l'Union pour le bien-être social de la région triqui (Ubisort), groupe du PRI qui n'existe plus en tant que tel dans la zone, mais qui, dirigé depuis Juxtlahuaca et Oaxaca par Rufino Juárez et le gouvernement de l'État lui-même, a tout fait pour l'anéantissement. Le gouverneur Ulises Ruiz Ortiz avait dit qu'il ne permettrait aucune autonomie dans l'État. Ça ne lui a pas coûté trop cher, il n'a même pas eu besoin d'envoyer ses policiers. Aujourd'hui, il nie qu'il y ait eu des morts (voir La Jornada du 26-09-10).

L'Ubisort possède une milice mieux armée que la police, avec un entraînement militaire. Elle est responsable de l'embuscade au cours de laquelle sont morts la militante Beatriz Cariño et l'internationaliste finlandais Jiri Jaakkola, il y a quelques mois. Également de bien d'autres morts, de viols, de blessures et d'exils. Comme on le sait, aussi bien les assassins que leurs chefs restent impunis et sont, ça peut servir, des figures institutionnelles.

De manière répétée a été dénoncée en outre la participation à l'escalade paramilitaire de membres armés du Mouvement d'unification et de lutte triqui (MULT), dont la commune autonome de Copala est une scission, en tant que MULT indépendant. Des rangs du MULT sont venues des versions suivant lesquelles personne de chez eux n'avait participé à la violence, et rendant le MULTI responsable des faits par son insistance sur une autonomie "minoritaire". Autrement dit, comme d'habitude, les morts indiens sont les coupables de leur propre mort.

Cependant, Timoteo Alejandro (fondateur du MULTI) et sa femme Cleriberta, ainsi qu'Antonio Ramírez López, "dirigeant moral" des autonomes, ont péri dans des circonstances et des lieux qui désignent non pas l'Ubisort, mais le très vertical MULT, qui aurait ainsi "châtié" leur "trahison". Les assassins de Ramírez López sont pleinement identifiés à Yerbasanta, localité à majorité MULT, où a eu lieu l'embuscade qui lui a coûté la vie.

Cette organisation est issue de la résistance exemplaire des meilleurs esprits triquis dans les années 80 du siècle dernier ; au long des années suivantes elle a subi la perte de ses principaux dirigeants, penseurs et maîtres, comme Paulino Martínez Delia, sacrifiés par les caciques du PRI. Au cours de la décennie actuelle, le MULT est devenu une organisation officialiste et électorale, dirigée par son conseiller juridique Heriberto Pazos, et transformée en Parti d'unité populaire, avec une présence au Congrès de l'État d'Oaxaca et des liens avec Ulises Ruiz, qui à plus d'une occasion a déclaré (selon des sources dignes de crédit), que "le MULT est la seule organisation avec laquelle on puisse négocier". L'un dans l'autre, il lui doit quelque chose de sa "victoire" serrée quand le PRI s'est imposé par la fraude en 2004.

On ne peut ignorer non plus les "remerciements" écrits de l'Ubisort au MULT à diverses occasions, par exemple quand il a empêché d'arriver à Copala une caravane d'Atenco en 2009. Le MULT revendique son appartenance à l'APPO, au Congrès national indigène et, malgré son activité électorale, à l'Autre Campagne ; le MULTI, lui aussi, est membre de tous ces espaces.

Le conflit triqui est ancien et complexe. Et la persécution à mort contre l'autonomie de Copala, centre traditionnel de ce peuple historiquement diffamé et nié, est des plus suspectes. Il est vrai qu'on a constaté d'importantes prospections de transnationales minières dans la région. L'heure est venue que le MULT, si expéditif quand il s'agit d'accuser et de discréditer, reconsidère ses agissements violents contre les autonomes. Il existe certainement des contradictions en son sein, mais il ne peut pas se dérober à ses responsabilités face à l'indispensable et urgente réconciliation de tous les Triquis (y compris leur immense diaspora) pour défendre ensemble leur viabilité, comme l'admirable peuple indigène qu'ils ont toujours été.

Hermann Bellinghausen

"La Jornada", Mexico, 27 septembre 2010.

Traduit par el Viejo.
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Re: Mexique

Messagede Johan le Dim 10 Oct 2010 16:33

Excavator and police van torched in solidarity with Mexican and Chilean prisoners
27 09 2010

From Culmine (September 27, 2010):

In the early morning of September 23, we completely ruptured the social peace when we approached a Cuautitlán state security police van and placed an incendiary device inside one of its front tires. The van belonged to state security agency commander Israel. This fool previously had another van of his reduced to ashes outside his home one morning. With the memory of that action still fresh, we decided to visit him again. The action went according to plan. The van burned, demonstrating our ferocious hatred for the police—guardians of the systematic order they want to impose on us at all costs.

While that was happening, another device was left inside an Earth-destroying machine a few streets away from the first attack. The machine was used for the work of digging up soil that would later be entombed by cement, just so civilization could force itself on nature yet again. This was prevented.

The fire rose toward the sky, and after a few minutes we clearly heard the sirens of the obedient firefighters arriving on the scene.

We thus want to show that we will not remain passive in the face of everything, and that we will fight to the finish. As long as our comrades are imprisoned in the capital’s jails, we will not stop these attacks.

The next day, the wage-slaves stared idiotically at the damaged machine together with their masters, powerless to do anything. Let it be quite clear that they too are our enemies. We will not defend the interests of the “working class” or the privileged class, because we are not classists. We are anti-anthropocentrists and individualists. We struggle against this society, spreading the anti-social war through our actions. We defend the Earth because we believe in respecting her completely. We defend neither rich nor poor. We fight against civilization, for Earth liberation and total liberation. Let this be clear!

We frame this action in support of the anarchist prisoners in the fascist Chilean state. Also, in solidarity with Mexican eco-prisoners Adrian Magdaleno and Abraham López.

—Insurrectionalist Earth Liberation Front/Mexico State
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Re: Mexique

Messagede Johan le Dim 17 Oct 2010 15:14

Explosion near riot police HQ in Mexico City
From Culmine (October 16, 2010)

MEXICO CITY, October 15. An explosive device detonated near a Public Security Secretariat (SSP) riot police command center early this morning, damaging the the front end of a nearby bus.
The bus was parked in front of the Attorney General’s office at the corner of Avenida Obrero Mundial and Calle De Uxmal in the suburb of Navarte. Police were alerted when the vehicle began to burn after the explosion. Several ambulances arrived on the scene along with agents from the SSP Task Force, who used a special tool to search the damaged vehicle and nearby parked cars for other explosive devices.
Witnesses say they saw a cylindrical object thrown from a passing car that immediately fled the area, but no further description of the vehicle was available.
For the moment, initial investigations into the device have revealed that it could have been a firework or even a butane gas canister. There have been no arrests or injuries related to the incident.


Mexico City SSP bombing claimed
From Culmine (October 16, 2010): translation from this is our job

Image

Through this document, the Fanya Kaplan Commando Unit of the Práxedis G. Guerrero Autonomous Cells for Immediate Revolution states that it carried out the following act of sabotage during the night of October 14 to 15, 2010: Using a homemade grenade, we attacked a bus belonging to the repressive riot police squad of the Mexico City Public Security Secretariat (SSP-DF). The truck was parked in front of the Attorney General’s office on Avenida Obrero Mundial in the suburb of Navarte, just a few meters from the SSP-DF’s eastern command center. The SSP-DF and Attorney General are directly responsible for the continued imprisonment of anarchist comrades in Mexico City.
This bombing of property belonging to those who protect capital and the state should be taken as a little hint that we are continuing the struggle, which grows more direct and unmediated with each attack. It also means we don’t fear them. We are mocking them to their faces and operating on their own turf. This time we detonated a charge capable of only limited material damage to the target. Next time, our direct target will be the police. Whether they are called judicial, federal, military, or judges, they are loyal oppressors in the service of the powerful, whose property they guard.
We know there are some police officers who do their job out of economic necessity, but we also know most of them clearly understand that their job is to constitute a repressive organ—the same one that unleashed the beatings and torture during the demonstrations on October 2, the same one responsible for the maulings in Guadalajara in 2004, the same one that murdered and raped in Atenco, the same one that steals and extorts on the streets every day. They abuse their precious little badges and ranks, but those things mean nothing to us. At the same time, they try to impose their power and authority, beating up anyone who feels like living, dressing, thinking, loving, or speaking unconventionally. That’s why we’re fed up, and this is our response.
These repressive organs are the same ones that beat and tortured Adrián and Abraham, the same ones that tortured Yiannis Dimitrakis in Greece in order to protect the capitalist world order, the same ones who keep our anti-authoritarian comrades imprisoned in Chile. We are at war against all of power’s abuses and degradations. We are at war for the destruction of capital and the state.
The Mexico City police, led by the brownnosing Mancera, has failed in its numerous attempts to stop the wave of sabotage carried out by different groups against symbols of capital. They will continue to fail because we will continue to be active. Our principal concern is that these actions show how Mexico City, even with its dirty and permissive “social democratic” system, hasn’t changed one bit. Repression and harassment continue, with capitalism and environmental destruction following in their footsteps, even when an attempt is made to greenwash them.
By the way, how ironic is it that, in the currently popular movie about drug trafficking, the corrupt police chief—who collaborates with the drug traffickers and extorts money from the poor—is also named Mancera? Life is full of coincidences.

Free the anarchist and political prisoners!!!
Free Braulio Duran!!!
Total solidarity with the Chilean compas imprisoned in the Bombings Case!!!
For the destruction of the capitalist social peace and social order!!!
Attack the military-police state every day!!!

At war with the state:
—Práxedis G. Guerrero Autonomous Cells for Immediate Revolution; Mexico City; October 15, 2010
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Re: Mexique

Messagede Johan le Jeu 21 Oct 2010 21:13

Práxedis G. Guerrero Autonomous Cells for Immediate Revolution torch two police cars in Mexico
http://thisisourjob.wordpress.com/2010/ ... in-mexico/
19 10 2010 From Culmine (October 18, 2010):
Torched police cars communiqué:

Using deliberate arson as a weapon of sabotage, during the night of Friday, October 5, we set fire to two San Vicente Chicoloapan municipal police cars in Mexico State. We used two timed devices. These sabotages form part of the protests in solidarity with the comrade prisoners in Chile after the repressive operations framed by the so-called Bombings Case. Because as anarchists, we understand that solidarity—in addition to being much more than just a lovely word—translates into individual or collective actions directed against the powerful and the institutions that protect them. In this case, that means the police. To us, solidarity is also an internationalist weapon.
We therefore want it to be clear that we will never give up the struggle. Any attempt to stop us—like what happened with the arrests of Adrian, Abraham, and Braulio—will be in vain, since our convictions are firm and we are prepared to bring this war to its final consequences.
We send a message of solidarity to Abraham López, Adrian Magdaleno, and Braulio Duran.
We send a threat to the guardians of social order and capital’s property.

Tonight We Scream: Death to the state and long live anarchy.
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Re: Mexique

Messagede Johan le Mar 9 Nov 2010 19:52

Une bombe a explosé devant le bâtiment du Secrétariat au Développement Rural à Guadalajara.
L'objet était composé de trois bouteilles de gaz butane, attachées à un tuyau en acier remplis de poudre, tous reliés par un fusible.
L'explosion a provoqué un incendie et a détruit les fenêtres du bâtiment ainsi qu'un mur adjacent.
La police pense que l'attaque viendrait d'un groupe "environmental radical" ou "anti-globalisation".

Guadalajara, Mexico - bomb at the Secretariat of Guadalajara Rural Development
culmine

Image

9/11/2010 - Mexico - Guadalajara, Jalisco - Alarm was recorded this Sunday night outside the building of the Secretariat of Rural Development, after an explosive device was detonated. The blast caused damage to the windows of the apartment and one of the walls, no pedestrian was struck in the attack.
The object consisted of three cylinders of butane gas, attached to a steel pipe filled with gunpowder, all triggered by a fuse.
The boom (similar to that of a grenade), which was noted by vigilantes, was caused by one of the containers which, with the explosion, triggered a blaze that destroyed a window and an adjacent wall. It is suspected that the attack was perpetrated by a radical environmental or anti-globalization group.
Now the Procurator of State Justice will pass to the control of the security video recordings to try to identify those responsible. The private security guard who watches the building told the SSPE State police that he just saw a man of about 30 years get out of a truck and approach the place where the bomb was detonated.
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Re: Mexique

Messagede vroum le Lun 31 Jan 2011 00:50

Vers une unification du mouvement libertaire au Mexique ?

http://congresolibertario.blogspot.com/
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Re: Mexique

Messagede Antigone le Lun 28 Fév 2011 21:37

Amerikenlutte - 26 fev 2011
http://amerikenlutte.free.fr/index.php? ... 3&Itemid=1
(traduit par el Viejo)

Mexique: répression à Oaxaca
Gabino Cué et Felipe Calderón répriment les enseignants et le peuple d'Oaxaca


Aujourd'hui mardi 15 février des policiers fédéraux, de l'État, des groupes de choc civils et des francs-tireurs placés sur les terrasses de différents immeubles du centre historique d'Oaxaca ont provoqué et réprimé la protestation pacifique que les enseignants et le peuple oaxaquègne éalisaient à cause de la présence à Oaxaca de Felipe Calderón.
Depuis l'après-midi du 14 février, un énorme déploiement des policiers locaux et fédéraux ainsi que de l'armée a pris possession de la Grand-Place et des rues environnantes du centre historique. À 11 h 30 du matin, ce mardi 15 février, un groupe d'enseignants appartenant à la 22e section du SNTE-CNTE réalisait une protestation pacifique à l'angle d'une des rues qui mènent à la Grand-Place ; à ce moment, la Police fédérale préventive (PFP) les a chargés, et deux enseignants ont été blessés, dont le secrétaire à la presse du syndicat, ainsi qu'un compañero du mouvement social qui a reçu un impact d'arme à feu à la tête.
Face à cette agression, les enseignants se sont défendus et, en manière de protestation, ont retenu trois membres de la Police fédérale préventive, ce qui a causé plus tard une opération de la PFP pour prendre le local de la 22e section ? "Cepos 22" ? où les enseignants retenaient les agents de la PFP ; ceux-ci ont arrêté violemment quatre professeurs qui se trouvaient là. Une fois regroupés les enseignants et le peuple en général, autour de 14 heures, les protestations ont continué aux abords de la place, tandis que d'autres professeurs et personnes du peuple en général se dirigeaient vers elle. Elles ont été dispersées avec des gaz lacrymogènes et des tirs d'armes à feu réalisés par des francs-tireurs postés sur les terrasses de différents immeubles du centre historique. Dans la rue Cinco de Mayo, à plusieurs pâtés de maisons du lieu de la protestation, le compañero "Kalamar", qui est membre du collectif "Hormigas Libertarias" (Fourmis libertaires), a été blessé d'une balle à la tête. Nous sommes pour le moment dans l'obligation de taire le nom du compañero pour des raisons juridiques et de sécurité.

À l'hôtel Casa Azul, situé rue Fiallo dans le centre historique, a été vu sur la terrasse le chef policier répresseur Daniel Camarena, que Gabino Cué a hérité de l'assassin Ulises Ruiz, en compagnie de civils qui portaient des armes longues, probablement des francs-tireurs.
Après 14 heures, des dizaines de camionnettes ont circulé à grande vitesse sur la promenade touristique en direction de l'ancien couvent de Santo Domingo, où se trouvait déjà un barrage de 12 militaires à 50 mètres de l'entrée. Ces camionnettes transportaient une partie du cortège des gouvernements fédéral et de l'État ; elles sont entrées dans la cour de Santo Domingo entourées par des dizaines de policiers fédéraux. À 14 h 30 environ au moins 50 policiers fédéraux ont arpenté la promenade pour renforcer l'encerclement.
Pendant ce temps, les affrontements avec la police s'étendaient de la Grand-Place aux rues environnantes. À ce moment, on a pu observer une voiture de couleur noire, plaques de l'État de Puebla TWM 9318, à la tête d'une caravane de huit camions militaires qui transportaient des dizaines de militaires et des dizaines d'individus en civil (au moins 100), avec des T-shirts à rayures et des lunettes noires, qui ont été "lâchés" dans le centre historique pour perpétrer des actes de destruction qui seraient attribués aux manifestants ; entre autres actes, un camion de la PFP a été incendié sur la Grand-Place, et aussi à ce qu'il semble un autocar sur la route de Xoxocotlán. Dans les mêmes moments, on a pu voir l'arrivée d'un avion de la PFP à l'aéroport de la ville d'Oaxaca avec de nouveaux
renforts fédéraux.

Au moment où est écrit ce communiqué, on a la confirmation de 14 personnes blessées, dont deux à la tête par balles, fruit de tirs de francs-tireurs postés sur les terrasses proches de la Grand-Place, et une autre blessée au corps par balle, plus deux autres personnes blessées par des impacts de grenades lacrymogènes, et d'autres encore qui sont hospitalisées à cause des coups reçus.
À l'hôpital de la Sécurité sociale de la ville d'Oaxaca ont été admis quatre enseignants, deux blessés par balles et deux par des grenades lacrymogènes. Dans le même hôpital, on a pu voir arriver la PFP qui, au milieu d'une impressionnante opération comprenant des voitures de patrouille, des ambulances et même des camions de pompiers, a "sorti" quatre blessés de la PFP qui avaient été admis dans ce même hôpital.
Le soir, des dizaines de policiers et de militaires se sont installés dans l'hôtel Parador Crespo, situé rue Crespo dans le centre historique, où ils resteront cette nuit à deux rues de la CASOTA, lieu où notre organisation VOCAL a son siège.

Nous dénonçons ces faits et en rendons directement responsables Felipe Calderón et Gabino Cué Monteagudo. Celui-ci a trahi trop tôt la confiance des Oaxaquègnes qui ont cru à ses promesses selon lesquelles plus jamais la police ne serait utilisée pour réprimer la protestation sociale.
Nous dénonçons la gravité de ces faits, surtout l'utilisation de groupes de choc paramilitaires et de francs-tireurs, comme partie prenante d'une stratégie clairement fasciste pour réprimer et terroriser le peuple d'Oaxaca et ses organisations et secteurs mobilisés.
Nous dénonçons le blocus médiatique et institutionnel qui a nié et ignoré purement et simplement la présence de francs-tireurs et de groupes de choc paramilitaires infiltrés dans les manifestations d'aujourd'hui.
Nous dénonçons l'attitude cynique et perverse de Gabino Cué, qui a immédiatement appelé au dialogue les enseignants oaxaquègnes, et nous alertons du danger qui plane sur tout le mouvement social oaxaquègne si des faits aussi graves restent impunis du fait d'accords entre le gouvernement et la direction du syndicat enseignant.
Nous lançons un appel à l'observation internationale et nationale sur ces événements d'Oaxaca qui semblent inaugurer une étape de fascisme d'État de la part de Felipe Calderón et de son valet à Oaxaca, Gabino Cué Monteagudo.
Aujourd'hui on a entendu dans les rues d'Oaxaca le premier "Ya cayó, Gabino ya cayó!".

Fraternellement

Voix oaxaquègnes construisant l'autonomie et la liberté (VOCAL)
Oaxaca de Magón, ville de la résistance, le 15 février 2011.
Blog autonome d'un révolutionnaire sans drapeau.
L'actu internationale et économique >> http://monde-antigone.centerblog.net
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Re: Mexique

Messagede pit le Ven 7 Déc 2012 09:45

Communiqué de la Croix Noire Anarchiste Mexicaine
suite aux déclarations du Gouvernement du District Fédéral


Mexique, District Fédéral, 3 décembre 2012

Ces derniers jours, suite aux événements qui se sont déroulés lors des manifestations du 1er décembre envers l'investiture du Président Enrique Peña Nieto -au cours desquelles les forces de l'ordre, autant les fédérales que celles du District Fédéral , ont réprimé brutalement les manifestants- des fonctionnaires du Gouvernement du Dsitrict Fédéral, parmi lesquels se trouvent le chef de gouvernement du DF et le procureur de la capitale , ont déclaré que les responsables des affrontements étaient des groupes anarchistes.

A ce sujet, nous voulons déclarer :
La Croix Noire Anarchiste Mexicaine est une initiative libertaire. Nos actions ont pour but de développer la solidarité aux prisonniers (que ce soit pour les prisonniers de droit commun ou ceux détenus pour leurs idées et actions anarchistes), de les accompagner dans leurs processus juridiques, de diffuser leurs lettres et de réaliser des actions sur leur situation: Nous réalisons des ateliers anti- répressifs, promouvons l'auto-organisation dans nos quartiers et nos communautés, tout comme la connaissance de stratégies de défense légale, avec l'idée selon laquelle la répression est un mécanisme inhérent au Capital et à l'Etat. Répression qu'ils n'hésitent pas à utiliser pour maintenir la domination et l'exploitation grâce auxquelles se maintient notre système. Nous diffusons également des idées et des réflexions anticarcérales, impulsant le débat sur le caractère de contrôle social que revêt la prison, et sur sa fonction qui est de maintenir le système capitaliste.

Nos efforts s'orientent donc vers ces tâches, lesquelles ont toujours eu un caractère public. Toutes les activités que nous organisons, et celles auxquelles nous participons, sont convoquées depuis notre page Internet ou par courrier électronique, en plus d'être signées. Dans les médias de masse, il a été mentionné qu'entre les détenu(e)s se trouvaient des personnes appartenant a des groupes anarchistes. Face à ces affirmations, il est nécessaire de déclarer qu'aucune des personnes détenues n'appartient à la Croix Noire Anarchiste Méxicaine. Cependant, nous manifestons notre absolue solidarité envers toutes les personnes détenues et nous exigeons leur libération immédiate.

Nous voyons dans ces déclarations, à travers lesquelles ils tentent de nous désigner comme les auteurs des événements qui se sont déroulés pendant les manifestations, qu'elles font partie d'une campagne de criminalisation et de persécution à l'encontre de groupes et d'individus anarchistes et libertaires. Marcelo Ebrard , à travers sa gestion comme Secrétaire de la Sécurité publique de la Ville, s'est caractérisé en montrant du doigt et en criminalisant les groupes anarchistes. Ainsi, cette campagne diffamatoire ne nous surprend pas et nous voyons en ces signalements une revanche à l'encontre du travail que nous menons, principalement celui en solidarité avec les jeunes anarchistes que le gouvernement du District Fédéral a enfermé dans ses prisons ces dernières années.

Nous avons apporté notre solidarité, à différents cas de prisonniers politiques au niveau national, et nous avons réalisé plusieurs dénonciations mettant en évidence le caractère intrinsèquement répressif du gouvernement du District Fédéral, lequel utilise ses lois à sa guise afin de créer et de monter de toute pièce des accusations en des processus remplis d'irrégularités.

Nous dénonçons que cette campagne persécutrice, initiée en 2003, et qui s'est exercée notamment à travers des “signalements” de groupes anarchistes après la manifestation du 2 octobre et qui s'est accentuée au cours de l'an dernier (sans même mentionner que ces jours derniers a par exemple circulé une convocation apocryphe), continuera avec l'administration de Miguel Ángel Mancera , qui lui non plus n'a pas hésité à faire des déclarations inculpant des groupes anarchistes qui militent dans “la Ville du Désespoir”.

Ce qui s'est passé le 1er décembre est le produit du mécontentement social. L'investiture d'Enrique Peña Nieto n'en est seulement qu'une partie. Nous ne pouvons ignorer qu'il existe une indignation grandissante face au climat social, économique et politique actuel, au sein duquel la concentration du Pouvoir en un groupe réduit de personnes et d'entreprises est en train de causer de graves conséquences sociales pour l'immense majorité des gens. La police, fédérale et locale, a fait don de son habituelle brutalité contre tous les manifestants et contre tout ce qui était sur son passage, faisant des détentions arbitraires et indistinctes. Cela, ajouté à la nouvelle des camarades blessés aux alentours de San Lázaro, a déchaîné de plus belle la haine des manifestants.

C'est elle la première violence et face à elle, il sera toujours légitime de nous organiser. Les vrais terroristes sont ceux qui, par leur action ou leur silence complice, ont soumis ce pays à guerre insensée, remplissant les villes de peur et de mort, persécutant et criminalisant la pauvreté et assassinant celui qui s'organise et qui ose faire face.

A travers ce communiqué, nous dénonçons donc la campagne grandissante de criminalisation à l'encontre de la protestation sociale, et en particulier à l'encontre des groupes et individus anarchistes. Nous en accusons le Gouvernement du District Fédéral. Nous exigeons la liberté immédiate de toutes les personnes détenues.

A bas les murs des prisons !
Liberté pour tous et toutes !

Croix Noire Anarchiste Méxicaine

http://www.anarkismo.net/article/24441
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Re: Mexique

Messagede Zoom le Mar 18 Déc 2012 03:16

Communiqué d'Alternative Libertaire

Halte à la répression contre nos camarades du Conseil Indigène Populaire d’Oaxaca – « Ricardo Flores Magon » !

Alternative Libertaire exprime son soutien au Conseil Indigène Populaire d’Oaxaca « Ricardo Flores Magon » (CIPO-RFM) qui se trouve menacé une fois de plus par la politique du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), fraichement revenu au pouvoir, de répression et de criminalisation du mouvement social mexicain. Avec le prétexte de la récente apparition de l’Armée Populaire Magoniste de Libération Nationale, un groupe armé qui se dit magoniste (courant libertaire mexicain), et du respect de la « loi », et alors même que le PRI n’a pas hésité à violer la loi pour revenir au pouvoir (financement de la campagne, achat de votes, collusion avec les médias), le nouveau gouvernement souhaite discréditer et réprimer toute initiative et mouvement populaires, qu’ils soient étudiant, indigène ou libertaire.

Après la répression brutale du mouvement #132 (lancé par des étudiant-e-s au printemps pour s’opposer au retour du PRI et réclamer plus de démocratie et de transparence) lors de la mobilisation du 1er décembre contre la prise de fonction d’Enrique Peña Nieto, ce serait au tour du CIPO-RFM de subir la violence politique dont l’état mexicain est si friand. En effet, des informations préoccupantes nous sont arrivées d’Oaxaca sur les préparations d’une opération policière et paramilitaire contre la maison communautaire du CIPO dans la banlieue de la ville d’Oaxaca. Cette opération serait faussement justifiée par l’influence du CIPO sur le mouvement #132 et sa participation au nouveau groupe guerrillero magoniste, allégations totalement erronées.

Le CIPO-RFM, organisation « amie » d’Alternative Libertaire, est une organisation indigène, libertaire et magoniste pacifique, indépendante de tout groupe armée ou parti politique, qui ne « dirige » aucun mouvement mais soutient toute initiative pacifique de résistance, comme le mouvement #132. Le CIPO-RFM a déjà subi bien assez de répression pour son combat pour la justice, l’autonomie des peuples indigènes d’Oaxaca et la défense des Droits de l’Homme et des Peuples Indigènes. Nous dénonçons tout nouvel acte répressif contre cette organisation, et appelons à la solidarité internationale pour garantir la sécurité de nos camarades mexicains.

Alternative libertaire le 17 décembre 2012
http://www.alternativelibertaire.org/sp ... rticle5099
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Re: Mexique

Messagede pit le Ven 8 Fév 2013 02:20

Soutien aux centres de soins zapatistes le 17 février 2013 à Paris

COLLECTIF CONTRE CULTURE
collectifcontreculture.blogspot.com/
CENTRE INTERNATIONAL DE CULTURE POPULAIRE
21 TER RUE VOLTAIRE
75011 PARIS
METRO: NATION / ALEXANDRE DUMAS
P.A.F. 5 ZEROS - PAS DE VERRE - NO DOG NO MASTER!

DIMANCHE 17 FEVRIER - 17H

SOIREE DE SOUTIEN POUR LES CENTRES DE SOIN ZAPATISTES

Après le soulèvement du 1er juillet 94, les communautés zapatistes ont mis en œuvre leur propre autonomie pour satisfaire leurs revendications. Auto-gérant leurs projets à tous les niveaux de décisions, ils développent ainsi des systèmes d'éducation, de santé, de production pour améliorer le quotidien des communautés.

Un des volets de ce projet de société est donc la construction d'un système de santé autonome. Celui-ci prend différents aspects. Une priorité toute particulière est mise sur la prévention, l'éducation aux méthodes contraceptives. Mais aussi la sauvegarde de la mémoire des anciens et des connaissances curatives des plantes de la zone.
Des systèmes de formation ont été mis en place pour former des promoteurs de santé (promoteurs étant le terme pour désigner ceux qui sont formés pour telle ou telle tâche : il y a des promoteurs d'éducation, de santé, d'agro-écologie...) qui selon leur niveau sont à mêmes de prendre en charge des pathologies plus ou moins compliquées.
Depuis 2008, le CSPCL développe un programme de formation de promoteurs dentaires et de prothésistes dans la zone de Morelia afin de leur donner la possibilité d'apporter aux habitants des communautés une meilleure santé dentaire.

Comité de Solidarité avec les peuples du Chiapas en Lutte
http://www.cspcl.ouvaton.org - cspcl@altern.org
Assemblée tous les mercredi à partir de 20h30
au 33 rue des Vignoles 75020 Paris


RENÉ BINAMÉ
(anarcho pounk binamuche - Belgie)
EDOUARD NENEZ & LES PRINCES DE BRETAGNE
(bagad punkh - Paris)
NUNC EST BIBENDUM
(girly punx boyz band - Ménilmuch')


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Re: Mexique

Messagede robin le Sam 9 Fév 2013 17:57

Rencontre avec georges lapierre autour de la communalité, le 12 février à Lille.


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Rencontre et débat avec Georges Lapierre, auteur de nombreux livres et articles sur la Commune d’Oaxaca dont il fut témoin.


Cette rencontre portera sur la communalité, « point de rencontre entre une réalité, la communauté indienne qu’elle cherche à définir, et un projet de société à réaliser. (…) La communalité est ce qui définit la forme de vie et la raison d’être des peuples indiens, elle est composée selon Floriberto Díaz de cinq éléments fondamentaux :

1. la terre comme mère et comme territoire ; 


2. le consensus en assemblée pour la prise de décisions ;

3. le service gratuit comme exercice de l’autorité ;

4. le travail collectif comme activité de récréation ;

5. les rites et cérémonies comme expression du don communal.

(…) La communalité apparaît alors comme le dénominateur commun des peuples originaires du Mexique et d’une grande partie de l’Amérique latine ; c’est un point de convergence qui permet à ces sociétés de se reconnaître, de s’allier et d’unifier leur lutte pour sauvegarder leur vie sociale et l’esprit qui l’anime. » (extrait de La Communalité comme théorie et comme pratique, Georges Lapierre, Entropia n°9 (2010), http://www.lavoiedujaguar.net/La-commun ... theorie-et)


Mardi 12 février à 20h
Centre Culturel Libertaire
4, rue de Colmar
Lille, Métro Porte des Postes
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Re: Mexique

Messagede pit le Lun 9 Déc 2013 03:29

Solidarité avec Mario González
Depuis l’Europe : Solidarité avec Mario González

Au Compagnon Mario González
À sa famille et à ses amis
À la Sexta
Au Réseau contre la Répression
Aux compagnon-ne-s anarchistes au Mexique et dans le monde

Novembre 2013

Ce que nous n’oublions pas : le 2 octobre 2013, comme ce fut le cas d’autres 2 octobre, la ville de Mexico se réveilla sous un gigantesque dispositif policier. La peur gouvernementale était aussi démesurée que les murs métalliques de 2,5 mètres de haut qui entouraient une bonne partie de la ville, ou que le déploiement de centaines de CRS préposés à faire la seule chose dont ils sont capables : réprimer, tabasser, emprisonner ceux et celles qui ne se rendent pas.

Ce que nous n’oublions pas : il y a quatre ans, le 2 octobre, Victor Herrera Govea, anarchiste et adhérent à la Sexta, sortit dans la rue comme beaucoup d’autres étudiants pour commémorer le massacre des étudiants à Tlatelolco, en 1968. Ce jour-là Victor ne rentra pas chez lui. Arrêté, il fut condamné par la juge Celia Marin Sasaki qui, quatre ans plus tard, le 2 octobre 2013, se chargerait de refuser la remise en liberté du compagnon Jorge Mario González García, également anarchiste.

Mario a été arrêté dans un transport public avec d’autres compagnons, quelques heures avant la manifestation commémorative du 2 octobre à laquelle il se rendait.

Auparavant, la persécution politique contre Mario avait redoublé après l’installation d’un piquet de protestation dans l’esplanade du rectorat de L’Université Nationale Autonome du Mexique. Les compagnons y exigeaient leur réinscription suite à leur expulsion arbitraire du baccalauréat CCH Naucalpan – alors même, pour ce qui concerne Mario en particulier, que les témoignages de ses professeurs le signalaient comme un bon élève. Concernant cette persécution et cette criminalisation, les compagnons avaient dénoncé à plusieurs reprises le rôle des autorités universitaires qui les avaient menacés d’attenter à leur liberté s’ils ne levaient pas le piquet.

Mario est le seul compagnon à rester en prison pour délit d’atteinte à la paix publique – délit considéré non grave . Les irrégularités et les violations ont été systématiques, depuis la torture qu’il a subie avant d’être emprisonné jusqu’aux refus de le remettre en liberté, en passant par les mauvais traitements qu’il reçoit en prison.

Face à tout cet arbitraire et à cause de l’abus de pouvoir commis par la juge Marin Sasaki, le compagnon a décidé de se mettre en grève de la faim. Aujourd’hui, Mario arrive à son quarante-septième jour de grève. Il a perdu plus de douze kilos et son état de santé est critique.

Pour toutes ces raisons, face à l’attitude répressive bien connue du gouvernement de la Ville de Mexico et du gouvernement d’Enrique Peña Nieto, et devant l’incompétence servile du système judiciaire, la rage et la détermination nous unissent aujourd’hui pour exiger le respect de l’intégrité physique et psychologique du compagnon Mario González.

Comme il y a quatre ans dans le cas du compagnon Victor Herrera Govea, nous réitérons aujourd’hui notre entière solidarité avec le compagnon Mario González !
De la juge Marin Sasaki, aujourd’hui comme il y a quatre ans, nous exigeons la libération immédiate du compagnon Mario qui se trouve dans un état de santé critique.

Halte à la persécution politique contre Mario González !
Liberté immédiate à Mario !
Liberté à tous les prisonniers du 2 octobre 2013 !


Nous rendons responsables le gouvernement fédéral, celui de la ville de Mexico, et la juge Marin Sasaki du sort du compagnon Mario.

Les trois passants, Paris, France.
Caracol Zaragoza, État espagnol
La adhesiva, Barcelone
Comitato Chiapas "Maribel", Bergamo, Italie
Centro de Documentación sobre Zapatismo -CEDOZ-, État espagnol
CGT – État espagnol
ASSI (Acción social Sindical Internacionalista)
Plataforma de solidaridad con Chiapas de Aragón
Lo Comitat Chiapas d’Aude, France
Tamazgha, Paris, France
Gruppe B.A.S.T.A., Munster, Allemagne
La Reus, Cultural i Solidària per la Pau – Reus. Catalunya
Colectivo la digne rage, Lille, France
Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, France
Association Mut Vitz 13, Marseille, France
Secrétariat international de la CNT, France

Traduit par les trois passants
Correction: Valérie

http://liberonsles.wordpress.com/2013/1 ... -gonzalez/

Mario González met fin à sa grève de la faim, la lutte pour sa liberté continue !

Pendant une conférence de presse, la famille de Mario a confirmé que le 3 décembre dernier, le compagnon a décidé de finir la grève de la faim qu’il avait commencé il y a 56 jours et qui avait pour but d’exiger sa libération immédiate. D’autre part, les médecins qui l’ont suivi pendant tout ce temps ont informé que le compagnon Mario était en train d’entrer dans une phase où les dégâts collatéraux pourraient bien être irréversibles.

Le compagnon Mario González se trouve toujours hospitalisé dans la prison féminine de Tepepan, où ses amis et sa famille ont installé un piquet de protestation pour mettre la pression sur les autorités et exiger la libération immédiate du compagnon.

Pendant les 56 jours qu’a duré sa grève de la faim, nombreuses ont été les lettres de solidarité, les actions, les évènements venant du Mexique, d’Amérique Latine et d’Europe. À ce propos Mario a fait parvenir plusieurs communiqués où il signalait « Je vous remercie infiniment, toutes et tous, pour votre solidarité, vos lettres me remplissent de force et vos actions me font sentir que tout n’est pas perdu ». « La révolte continue, et c’est un chemin où il n’y a pas de retour en arrière ! » disait-il dans son communiqué du 28 novembre. Lors de sa dernière déclaration et devant l’insensibilité et le mépris de la juge et des autorités, Mario a signalé « je ne pense pas leur donner le plaisir de me voir mourir ici ».

Bien que la grève soit finie, la famille et les amis de Mario lancent un appel à continuer les manifestations de soutien jusqu’à ce que Mario sorte libre et pour lui rappeler qu’il n’est pas tout seul.

Mario no está solo!
Libertad a todxs!

http://liberonsles.wordpress.com/2013/1 ... -continue/
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Re: Mexique

Messagede Antigone le Dim 2 Fév 2014 20:44

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Mythes et réalités du zapatisme
Le M.A., 02/02/2014
http://monde-antigone.centerblog.net/3193-


Ces jours-ci, altermondialistes, maoïstes et anarchistes ont célébré (séparément) dans un certain nombre de réunions publiques le 20e anniversaire du soulèvement de l'Armée zapatiste de libération nationale (ENZL) au Chiapas contre le droit qui avait été donné en 1994 par le gouvernement aux investisseurs privés d'acheter des terres, patrimoine de la culture Maya. Cette révolte fit connaître le passe-montagne et la pipe du désormais mythique sous-commandant Marcos, alias le "sub".

L'ENZL a été créée dans le sillage des mouvements de libération nationale qui luttaient dans le Tiers monde contre l'influence (néo-)coloniale des grandes puissances occidentales et contre les gouvernements qui leur étaient dévoués. De ce point de vue, l'ENZL n'est pas différente des autres mouvements nationalistes. D'ailleurs on y chante l'hymne national et tous les actes publics se font sous le drapeau mexicain. Certes, les Zapatistes n'ont pas cherché à s'emparer du pouvoir à Mexico... mais en avaient-ils les moyens ?
Sa particularité est d'avoir adopté assez vite une pratique non violente, se refusant notamment à prendre des otages. Cela a sans doute incité le gouvernement central à faire preuve de mansuétude à son égard. Il a même permis à Marcos et à sa garde rapprochée de venir en 2001 à Mexico, sans armes, s'exprimer devant le Congrès, revendiquer pour les peuples mayas une place particulière dans la société nationale.

Les Zapatistes se sont donc contentés de gérer les communautés en pays Maya en mettant en place un système judiciaire, éducatif et de santé autonomes, qui échappe à l'autorité centrale. Ainsi les peines de "réparation" (se mettre au service de la famille de la victime ou de la communauté) sont préférées aux peines de prison et aux amendes. Les terres sont exploitées collectivement. Des coopératives agricoles ont été créées pour commercialiser les produits, puis il a fallu créer des coopératives de transport. Ce sont elles qui ont servi à transporter des dizaines de milliers de personnes pour les manifestations mayas du 21 décembre 2012.

Aujourd'hui des milliers de touristes, des représentants de mouvements paysans comme Via Campesina, des sympathisants venus du monde entier visitent ces communautés chaque année, sous la conduite de guides cagoulés, persuadés d'aller à la rencontre d'un "monde nouveau en construction". On peut lire dans les villages les slogans "révolutionnaires" du maître à penser local sur le « buen vivir », tout en constatant par ailleurs la présence discrète des symboles chrétiens. Les visiteurs peuvent aussi acheter du café, dont les excédents sont destinés à l'exportation, et qui constitue la principale source de revenus par le commerce. Ils peuvent même repartir de leur safari photo en emportant des petits souvenirs à l'éphigie du "sub" ! Ce serait ces visites "solidaires" et l'aide matérielle apportée par les réseaux altermondialistes qui, dans les années qui suivirent le Forum de Porto Alegre de 2001, auraient remplacé le trafic d'armes comme source de financement.

Les Zapatistes ont un peu amélioré les conditions de vie des communautés. Ils ont interdit l'alcool pour "adoucir" les relations humaines. Ils ont donné des droits aux femmes, rendant effectif l'égalité des sexes dans l’exercice des tâches collectives; toutefois d'après des observateurs, les femmes interviennent peu dans les réunions. Ils ont aussi créé des écoles là où il n'y en avait pas, mais l'enseignement se borne à faire en sorte que les enfants partage la vie des gens ordinaires, s'approprient l'histoire de leur communauté. Ce n'est pas l'enseignement d'un savoir abstrait et cela explique la persistance d'un fort taux d'anaphabétisme. Chaque communauté possède un centre de santé où l'on apprend à soigner par les plantes et qui fait aussi fonction de maternité. Dans l'ensemble, on considère toutefois que les 3/4 de la population vivent encore dans la pauvreté; la mortalité infantile est importante. Enfin ces populations vivent enclavées à l'écart du monde, et ne manifestent aucune curiosité pour la culture et les croyances des autres peuples indigènes.

Pour tout, santé, éducation, économie, etc., l'organisation sociale n'est pas horizontale. Comme pour le pouvoir, elle est bâtie sur 3 niveaux: 1/ la communauté locale, 2/ les municipalités autonomes élues par les communautés. Ces municipalités coexistent parfois dans certaines petites villes avec les autorités officielles. Les Zapatistes font fonction d'employés municipaux, s'occupent des travaux de voirie, du ramassage des poubelles... 3/ le niveau régional et les conseils de "bon gouvernement" ou caracoles. Il y en a 5 qui coordonnent les deux niveaux inférieurs: La Garrucha (Ocosingo), Morelia (Amatan), La Realidad (Ixtacomitan), Roberto Barrios (Palenque), et Oventic. Les décisions des Conseils doivent être entérinées par les communautés, en vertu du principe: « commander en obéissant ». Tel est la base du "bon gouvernement" appelé ainsi par opposition au "mal-gouvernement" des "priistes" (les partisans du PRI, le parti historique au pouvoir). Quand c'est le tour d'un paysan de partir en ville s'occuper du magasin de la coopérative, les autres entretiennent sa parcelle pendant son absence. Le principe de la rotation dans l'exercice des fonctions limite la spécialisation sur un même niveau mais n'empêche nullement la constitution de corps sociaux séparés.

Enfin, l'armée est une structure parallèle hiérarchisée. Elle n'a pas été dissoute, elle s'est repliée dans la grande forêt de Lacandona depuis le cessez-le-feu. Les communautés y envoient des jeunes, hommes ou femmes, accomplir un service militaire. Mais l'initiation militaire commence dès le plus jeune âge puisqu'on n'oublie pas de rentrer les enfants à l'école en les faisant marcher au pas ! Le "sub" quant à lui, comme tout chef qui se respecte, il est en haut de la pyramide. Par précaution, il a déjà désigné son successeur en la personne d'un indien chiapanèque, le sous-commandant Moisés.

Je n'ai jamais compris cette admiration romantique et quasi-mystique des gauchistes de tout poil pour ce mouvement qui, finalement, ne se distingue pas d'une réserve indienne. Est-ce pour la personnalité charismatique, mystérieuse d'un "sous-commandant" qui joue les Robin des bois, cultive l'autodérision et nargue les autorités avec des communiqués littéraires au 3e degré que personne ne comprend ? Est-ce le drapeau noir à étoile rouge de l'Armée zapatiste qui séduit les libertaires ? Est-ce la nostalgie des années castristes passées en forêt à refaire le monde qui continue de fasciner les maos et leurs héritiers ? Est-ce la vie rurale, simple, loin de la folie des villes, est-ce la communion avec la nature, l'agriculture organique, sans engrais chimique, prônée par les Zapatistes qui attire les écolos ? Toujours est-il qu'il rallie alters, maos, anars, et des jeunes qui y voient un modèle de société, et des universitaires, des chercheurs...
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